Promenade à Pont-L'Abbé

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Promenade à Pont-L'Abbé

Message par marindug le Jeu 11 Sep - 22:02

Il existe à Pont-L'abbé un lieu de promenade auquel on ne pense pas souvent et qui pourtant est plein de charme.

Il s'agit du chemin creux qui mène à la stèle des "Sonneurs Noirs".

Pour nous y rendre, en partant du centre ville, nous devons traverser le pont et nous diriger vers les ruines de Saint-Jacques de Lambour. De là nous pouvons emprunter l'avenue de Schleiden puis la rue Ar Soner Du, voie sans issue qui s'élargit en "Park ar Soner Du" et s'en vient butter sur les accotements en contrefort de la route de Quimper.
Pour continuer notre excursion, il nous faut, à partir de cet endroit, faire quelques pas dans ce qu'il reste d'un chemin creux et atteindre un talus perdu entre ronces et fougères, mais pas n'importe quel talus. Celui que nous recherchons se trouve au bas d'un champ appelé "Alé ar Justissou" (Allée des Justices). Contre ce talus et entre les racines d'un chêne un dépôt de petits objets brillants attire le regard. ce sont des "bravigou" (tessons de porcelaine à fleurs, de statuettes, de grains de chapelets) que les Bigoudènes viennent déposer dévotement depuis plus de deux siècles sur la tombe présumées de deux innocents: Les "Sonerien Du" (les Sonneurs Noirs).

Le 23 septembre 1996, on a dressé une stèle à cet endroit, en présence de nombreux défenseurs de la chanson bretonne.
L'actuelle municipalité a promis d'y ajouter bientôt un petit panneau comme ceux du chemin de halage.

"Kanevedenn war sonerien !
Kanevedenn, kanevedenn !
Kanevedenn war sonerien !
An rodenn-heol zo war o venn ! »

Il y a bien longtemps déjà,
Vous dire quand, je ne sais pas,
Vivaient ici deux braves gars,
Avec un cœur, grand comme ça.

Et ils jouaient, comme des fous,
De la bombarde et du biniou.
On ne voyait que leurs " bragou "
De Penhors à la Tréminou.

Sonnant la joie, sonnant l’amour,
A Lababan, à Plonéour ;
Sonnant la nuit, sonnant le jour ,
Sonnant, sonnant comme des sourds.

Le bon cidre coulait à flot
Sur leur "chupen " et leurs sabots ;
Pour se garder le cœur au chaud
On boit parfois plus qu’il n’en faut.

Ils étaient noirs de saleté,
Dormant à même le fossé,
Dans une étable, un champ de blé ;
Et le biniou comme oreiller.

La légende (ou histoire vraie) des sonneurs noirs nous a été transmise
en 1894, par Puig de Ritalongi, un ancien secrétaire de mairie de Pont-L'abbé.

Bonnes promenades...

N'oubliez pas Mama be Good, Papa Bigoud et tous ceux qui iront à cet endroit, d'avoir une petite pensée pour nos braves sonneurs en y déposant quelques bravigou ou quelques fleurs des champs sur leur tombe ou près de la stèle. C'est une tradition à laquelle nul Pont-L'abbé ne pourrait déroger.

marindug
Invité


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